Le bond vert de la Chine : naviguer à la croisée des chemins de la transition énergétique de 2026
I. Étape clé en matière d'infrastructures : au-delà de 1 500 gigawatts
Fin 2025, la capacité totale installée d'énergies renouvelables en Chine a dépassé 1 500 gigawatts, surpassant officiellement la capacité des centrales thermiques pour la première fois de son histoire. L'ampleur de ce déploiement est stupéfiante. Rien qu'en 2025, la Chine a installé une capacité solaire photovoltaïque supérieure à la capacité cumulée totale des États-Unis.
Le « nouveau trio » – véhicules électriques, batteries lithium-ion et produits photovoltaïques – est devenu le principal moteur de l’économie d’exportation chinoise. Selon des données récentes, les technologies propres ont contribué à hauteur de plus de 10 % au PIB chinois en 2025, compensant ainsi le ralentissement du secteur immobilier. Toutefois, cette offre massive a engendré un « paradoxe des technologies propres » : alors que les prix mondiaux des panneaux solaires ont chuté de plus de 90 % depuis 2010, les fabricants chinois sont confrontés à une forte concurrence interne et à une réduction de leurs marges bénéficiaires.
II. Le pivot de 2026 : de la quantité à la qualité
À l'aube de 2026, le secteur connaît un tournant stratégique. L'Agence américaine d'énergie (NEA) a indiqué que la phase d'engouement pour l'installation de panneaux solaires pourrait ralentir. Les projections de BloombergNEF suggèrent qu'après un pic de 372 GW de capacité solaire déployée en 2025, on pourrait observer une légère contraction en 2026, à 341 GW.
Ce n'est pas un signe d'échec, mais deajustement structurelL'attention s'est déplacée vers :
Modernisation du réseau :La Chine investit plus de 80 milliards de dollars par an dans des lignes de transport à ultra-haute tension (UHT) pour acheminer l'électricité du désert de Gobi, baigné de soleil, vers les centres industriels de l'Est.
Stockage d'énergie :Le volume de stockage de batteries installé a triplé entre 2022 et 2025. En 2026, le secteur du « stockage d'énergie de longue durée » (LDES) devrait occuper une place centrale pour résoudre l'intermittence de l'énergie éolienne et solaire.
Tarification basée sur le marché :L'ère des tarifs de rachat fixes touche à sa fin. Les réformes du marché de l'électricité contraignent désormais les fournisseurs d'énergies renouvelables à se faire concurrence sur les marchés de gros, ce qui favorise l'efficacité mais introduit également une volatilité des prix.
III. La révolution des véhicules électriques : entrer dans l’ère de la maturité « post-subvention »
Le marché chinois des véhicules à énergies nouvelles (VEN) a atteint un point critique en 2025, les VEN représentant alors plus de 50 % des ventes mensuelles de voitures neuves. D'ici 2026, la question n'est plus de savoir « peuvent-ils les construire ? » mais « comment vont-ils devenir leaders mondiaux ? »
Frontières technologiques :L’année 2026 est présentée comme « l’année des batteries à semi-conducteurs ». Des entreprises de premier plan comme CATL et BYD lancent la production pilote de batteries semi-solides et à semi-conducteurs, promettant une autonomie supérieure à 1 000 km et une sécurité accrue.
La lutte pour l'exportation :Face aux droits de douane élevés imposés par l'UE et l'Amérique du Nord, les constructeurs chinois de véhicules électriques réorientent leur stratégie. Au lieu de se contenter d'exporter des voitures, ils exportent désormais des chaînes d'approvisionnement complètes. D'immenses « gigafactories » sont en construction en Hongrie, au Brésil et en Thaïlande, implantées localement afin de contourner les barrières commerciales et de conquérir les marchés des pays du Sud.
IV. Défis : Surcapacité et ombre persistante du charbon
Malgré ce succès écologique, deux grandes ombres planent sur le secteur en 2026.
1. La crise de surcapacité :Les secteurs du solaire et des batteries sont confrontés à une surproduction massive. En 2025, la valeur totale de la production du secteur solaire a chuté de 38 % malgré une croissance des volumes, les prix étant devenus inférieurs aux coûts de production pour de nombreux acteurs de second rang. 2026 devrait être l'année de la « Grande Consolidation », marquée par le rachat ou la faillite des entreprises les plus petites et les moins performantes, ne laissant subsister que quelques « champions nationaux » dominants.
2. Le dilemme du charbon :Si les énergies renouvelables offrent la capacité de production, le charbon garantit encore la sécurité énergétique. En 2025, la Chine a continué d'autoriser la construction de nouvelles centrales à charbon pour répondre aux besoins de pointe. Le défi pour 2026 réside dans le système de « double contrôle du carbone », qui consiste à passer du contrôle de l'« intensité énergétique » à celui des « émissions totales de carbone ». Ce changement de politique est essentiel pour que l'essor des énergies renouvelables se traduise réellement par une réduction de la combustion des énergies fossiles.
V. Implications mondiales : la « Route de la soie verte »
L’influence de la Chine dépasse largement ses frontières. D’ici 2026, les entreprises chinoises seront responsables de plus de 60 % des projets solaires à grande échelle en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. Grâce à l’initiative « Route de la soie verte », la Chine fournit non seulement le matériel, mais aussi le savoir-faire nécessaire à son déploiement.
Des organismes internationaux comme l'IRENA indiquent que les chaînes d'approvisionnement intégrées de la Chine ont permis de réduire le coût mondial de la transition énergétique d'au moins 40 %. Sans la capacité de production chinoise, les objectifs de l'Accord de Paris seraient économiquement inatteignables pour la plupart des pays en développement.
VI. Conclusion : Un avenir vert omniprésent
Alors que la Chine prépare son 15e plan quinquennal (2026-2030), l'industrie des nouvelles énergies n'est plus un secteur « émergent », mais l'épine dorsale des « nouvelles forces productives de qualité ».
Le chemin à parcourir est complexe. Il s’agit de concilier sécurité énergétique nationale et tensions commerciales internationales, innovation technologique et rentabilité du marché. Cependant, la dynamique est irréversible. En 2026, le monde ne se contentera pas d’observer la transition énergétique chinoise ; il en sera profondément transformé.

